Analyse
Un fichier vidéo de surveillance n’est pas un fichier classique
Un enregistreur de vidéosurveillance peut stocker ses données comme une suite circulaire de blocs plutôt que comme un dossier de MP4. Le disque paraît alors vide à Windows ou macOS, alors que les flux existent. Ne jamais accepter l’initialisation proposée par l’ordinateur : elle écrit une nouvelle structure sur le support.
Quatre couches doivent être distinguées :
| Couche | Rôle | Symptôme si elle manque |
|---|---|---|
| Système de fichiers ou allocation | Localiser les zones occupées | Disque vide, RAW ou non monté |
| Conteneur propriétaire | Découper et encapsuler les flux | Extension inconnue ou fichier refusé |
| Codec H.264/H.265 | Compresser les images | Trames détectées mais lecture incomplète |
| Index et base d’événements | Relier canal, date, durée et mouvement | Calendrier vide ou recherche impossible |
Le diagnostic de Datastrophe commence sur une copie du support et identifie ces couches avant l’export. Un lecteur constructeur qui échoue ne prouve pas l’absence d’images : son catalogue principal peut être perdu alors que des miniatures, journaux ou index secondaires restent disponibles.
Un même codec peut appartenir à plusieurs organisations
Deux DVR peuvent encoder tous deux en H.264 et stocker pourtant leurs trames de façon incompatible. L’un ajoute un en-tête devant chaque paquet, l’autre regroupe plusieurs pistes dans un gros fichier circulaire, un troisième sépare la vidéo des événements. La signature du codec aide à reconnaître l’image, mais elle ne révèle pas automatiquement la longueur du segment, l’emplacement de la prochaine trame ni la piste audio associée.
Le format peut aussi évoluer avec le micrologiciel. Le modèle exact, la version de l’enregistreur et un export natif connu servent alors d’échantillons de comparaison. Cette approche évite d’appliquer à tout un volume une hypothèse construite sur quelques octets ressemblants.
Analyse
Les index donnent du sens aux flux
Les index donnent un sens opérationnel aux flux : ils associent un fragment à une piste, un canal, une heure de début, une durée et parfois un événement. Une coupure peut endommager ce catalogue sans détruire toutes les images.
Reconstruire par recoupement
Le laboratoire rapproche plusieurs indices : signatures du conteneur, compteurs de trames, numéros de canal, miniatures, calendrier, journaux de mouvement et séquences voisines. Un index secondaire peut confirmer l’ordre là où l’index principal est illisible.
Signaler les contradictions
Deux sources peuvent diverger. L’incrustation dans l’image peut indiquer 21 h 04 tandis que la base enregistre 20 h 04 ; un fragment peut porter un canal interne différent du nom affiché. La restitution doit exposer ce décalage et sa méthode d’attribution. Corriger silencieusement l’heure ou le canal créerait une certitude artificielle.
Définition utile — le carving retrouve des motifs de flux ; l’indexation explique leur place. Les deux opérations ne sont pas interchangeables.
Analyse
Les conversions automatiques créent de faux résultats
Une conversion automatique cherche souvent une sortie lisible avant d’avoir compris l’entrée. Elle peut concaténer des fragments de caméras différentes, ignorer une rupture, attribuer une durée fausse ou abandonner les métadonnées séparées du flux.
Le risque est trompeur : le fichier se lit. Pourtant, il peut commencer sur la bonne caméra, continuer sur une autre ou dupliquer une séquence après une erreur. Le volume de fichiers produits ne mesure donc pas la qualité de la récupération.
La structure des images compressées impose une autre prudence. Certaines trames dépendent d’images précédentes pour être décodées. Une extraction qui commence au milieu d’un groupe d’images peut afficher des artefacts ou rester noire avant le prochain point de référence, sans que tout le segment soit perdu. À l’inverse, une suite de trames décodables n’établit pas qu’aucune minute ne manque entre deux groupes.
La progression fiable est l’inverse :
- Acquérir le support sans modifier l’original ;
- Identifier système de fichiers, conteneur et version du format ;
- Reconstruire l’ordre des fragments et leur canal ;
- Vérifier l’horodatage et les ruptures ;
- Convertir seulement les séquences attribuées.
Sur un disque instable, l'acquisition matérielle prime. Une lecture exhaustive destinée à convertir tous les flux peut consommer les accès encore possibles avant d'atteindre la plage utile. Si un disque dur mécanique claque ou ne tourne plus, le diagnostic de récupération de données traite d'abord la panne physique ; une salle blanche n'est justifiée que pour une intervention interne, pas pour reconstruire le conteneur vidéo.
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Les horodatages doivent être contrôlés
L’heure peut venir de la caméra, du NVR, d’un serveur de temps, d’une base VMS ou d’un texte incrusté. Ces sources ne restent pas toujours synchronisées après une coupure ou une perte réseau.
Le contrôle recherche notamment :
- Fuseau et passage heure d’été/hiver ;
- Dérive propre à une caméra ;
- Remise à zéro après redémarrage ;
- Temps UTC stocké et heure locale affichée ;
- Discontinuité du compteur entre deux fragments.
La plage fournie au laboratoire doit donc inclure une marge. Si un ticket, un contrôle d’accès ou un autre événement possède une heure fiable, il peut servir de repère de corrélation. La récupération DVR et NVR exige de préserver le parcours complet ; pour l’horodatage, l’enjeu est de ne pas confondre une trame datée avec une chronologie démontrée.
Analyse
Préparer les bonnes informations
Préparez le modèle exact et, si possible, la version du micrologiciel ou du VMS, le nombre de caméras, leur nom, le mode continu ou mouvement, le fuseau et la plage recherchée. Conservez l’enregistreur et son alimentation lorsque leur interface ou lecteur natif peut aider à interpréter le format.
Pour plusieurs disques, ne modifiez ni l’ordre ni les étiquettes. Indiquez les exports et conversions déjà tentés, puis joignez-les sans les confondre avec les données sources.
Une restitution utile peut contenir :
- La version native et le lecteur nécessaire ;
- Une version de consultation clairement identifiée comme dérivée ;
- Le canal, la plage et le fuseau retenus ;
- Les coupures, fragments non attribués et limites de conversion.
Le contrôle final compare la durée attendue à la durée réellement décodée, recherche les changements de résolution ou de canal et vérifie plusieurs points de la séquence, pas seulement sa première image. Si du son ou des métadonnées d’événement existent, leur synchronisation est examinée séparément. Un fichier natif peut ainsi être conservé même lorsqu’une copie de consultation ne sait pas rendre toutes ses pistes.
Cette conservation de la version native augmente le contrôle possible. Elle explique aussi le temps de reconstruction vidéo : l’objectif n’est pas de fabriquer le plus de fichiers, mais de relier chaque séquence à des repères vérifiables. Le parcours complet de récupération DVR et NVR replace cette reconstruction dans le diagnostic de l'enregistreur et de ses supports.
Si le lecteur natif est fourni, conservez aussi sa version, sa configuration et les éventuels composants nécessaires, sans lui donner accès en écriture au support source. Un lecteur plus récent peut interpréter différemment un ancien index. La comparaison entre rendu natif, données reconstruites et copie de consultation permet de repérer une piste ignorée ou un horodatage transformé pendant l’export. Pour un enregistreur complet ou une grappe de disques, le service de récupération NVR précise les informations et supports à préserver avant l'envoi au laboratoire.
Sources techniques primaires et limites
Le profil G d’ONVIF formalise des fonctions de stockage, recherche, récupération et lecture pour les équipements vidéo IP compatibles. Il ne prouve ni la conformité de l’enregistreur reçu, ni l’exactitude de ses horloges, ni la continuité des canaux, de l’audio ou des fichiers exportés.
Faire qualifier le dossier « Formats DVR/NVR : reconstruire une vidéo propriétaire »
Transmettez à Datastrophe l’enregistreur, les supports, la configuration et le lecteur d’origine, les exports existants, les canaux concernés et au moins un repère horaire indépendant. Les codes, clés et éléments d’authentification autorisés sont communiqués par un canal distinct ; ils ne sont jamais inscrits sur le support ni dans le colis.
Datastrophe réalise directement le diagnostic, les contrôles d’intégrité et la récupération dans son laboratoire, avec sa propre équipe. Le diagnostic et le devis sont gratuits. Le transport privé aller et retour est systématiquement pris en charge ; le transporteur déplace uniquement le colis scellé, sans accéder aux données ni les traiter.
Avant tout paiement, le client reçoit le prix proposé et une liste contrôlée. Chaque élément y est classé, dans cet ordre, recoverable_verified, partial, detected_unverified ou unrecoverable. Seuls les éléments recoverable_verified, dont le contenu a été contrôlé et jugé exploitable, sont présentés comme récupérables. Le client paie seulement après avoir accepté la liste et le prix ; la préparation du résultat et la restitution interviennent ensuite.
Si aucune donnée exploitable n’est vérifiée, si la récupération échoue ou si le client refuse la liste ou le prix, aucun frais standard n’est dû. La seule exception concerne une pièce rare, coûteuse et non remboursable : elle ne peut être commandée qu’après une proposition séparée, explicite et chiffrée.