Analyse
Comprendre les dommages après incendie
Après un incendie, un support de stockage peut avoir subi plusieurs agressions successives : chaleur, fumées, suie, eau, mousse d'extinction, sels, chute et manutention des décombres. L'aspect extérieur ne permet pas de conclure sur l'état des données. Un boîtier noirci peut avoir protégé son contenu, tandis qu'un support apparemment intact peut présenter une électronique corrodée ou une déformation liée à la température.
La chronologie compte. La chaleur peut dégrader des composants ou modifier des matériaux ; l'extinction refroidit brutalement et apporte des contaminants ; l'humidité résiduelle favorise ensuite des réactions électrochimiques. Une remise sous tension ajoute enfin de l'énergie dans un circuit dont l'isolement n'est plus connu.
| Exposition | Risque caché | Conséquence pour la prise en charge |
|---|---|---|
| Chaleur et rayonnement | Déformation, soudures ou composants altérés | Ne pas déduire la lisibilité du seul boîtier |
| Fumées et suie | Dépôts conducteurs, acides ou abrasifs | Éviter alimentation et essuyage improvisé |
| Eau ou mousse | Court-circuit, résidus et corrosion progressive | Conserver hors tension et tracer l'agent utilisé |
| Choc ou effondrement | Têtes, connecteurs, boîtier ou carte fissurés | Immobiliser et identifier chaque pièce |
| Nettoyage après sinistre | Déplacement de dépôts, perte de composants | Arrêter les manipulations non documentées |
Un sinistre n'efface pas tous les supports de la même façon
Un disque dur mécanique, un SSD, une clé USB, une bande et un disque optique n'exposent pas la donnée au même endroit. Sur un disque dur, le risque peut concerner la carte, la mécanique et l'intégrité interne. Sur une mémoire flash, contrôleur, alimentation, soudures et puces jouent des rôles distincts. Le diagnostic Datastrophe des dommages sur un support doit donc précéder toute tentative de lecture.
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Éviter les gestes qui aggravent
La règle immédiate est simple : ne pas alimenter, ne pas nettoyer et ne pas ouvrir le support pour vérifier. Un démarrage de quelques secondes peut court-circuiter une carte ou déplacer une tête sur une surface contaminée. Un nettoyage domestique peut dissoudre ou pousser des résidus vers des zones sensibles et supprimer des indices utiles au diagnostic.
Les méthodes de séchage accéléré sont également à écarter. Sèche-cheveux, radiateur, four, air comprimé ou bain de produit non qualifié ajoutent chaleur, pression, électricité statique ou nouveaux dépôts. Le riz ne traite ni la suie ni les contaminants chimiques. L'absence d'humidité visible n'autorise pas un test électrique.
Séparer sans transformer l'état
Chaque support doit être isolé des autres pour éviter les transferts de suie ou de liquide, puis identifié avec son emplacement d'origine. Les petites pièces, cartes électroniques et adaptateurs associés restent rattachés au même dossier. Il ne faut pas empiler des disques, frotter leurs surfaces, décoller une étiquette devenue fragile ou replacer une carte au hasard.
Les mesures utiles sont limitées :
- Photographier l'objet et son environnement avant manipulation supplémentaire ;
- Noter s'il était alimenté pendant le sinistre ;
- Identifier l'eau, la mousse ou le produit d'extinction lorsqu'il est connu ;
- Conserver le boîtier, le contrôleur, l’alimentation et les câbles associés ;
- Demander des consignes de transport adaptées à l'état sec, humide ou contaminé.
Point d'arrêt — un support sinistré qui « semble sec » n'est pas un support sain. La remise sous tension n'est pas un test neutre : elle peut créer le dommage électrique qui n'existait pas encore.
Les supports récupérés par une entreprise de déblaiement ou de nettoyage doivent être exclus de la filière de rebut tant que leur valeur informationnelle n'a pas été évaluée. Une destruction ou un nettoyage industriel est irréversible.
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Documenter le sinistre et les priorités
Le diagnostic gagne en précision lorsque le support arrive avec un récit factuel. Il faut distinguer ce qui est certain — pièce touchée, eau utilisée, disque retiré — de ce qui est supposé, par exemple une température estimée. Les heures de découverte, d'extinction, de récupération et les manipulations déjà réalisées donnent une chronologie exploitable.
Construire un inventaire orienté vers les données
Dans un même local, plusieurs sources peuvent survivre différemment : serveur, ordinateurs, disques externes, sauvegarde sur bande, clé d'export ou copie distante. L'inventaire indique pour chacune le type de support, son emplacement, son exposition, les données attendues et son niveau de priorité. Il évite de concentrer tous les efforts sur l'objet le plus spectaculaire alors qu'une copie moins touchée existe.
La priorité doit être concrète : période comptable, base client, plans d'un projet, photographies, messagerie ou dossiers réglementaires. Demander « tout le serveur » donne peu d'indications si le support est instable. Une liste de données irremplaçables permet d'organiser l'acquisition et la validation.
En entreprise, la réaction à une panne informatique doit séparer la continuité d'activité de la préservation des supports. Après un incendie, ce découplage permet de repartir sur une infrastructure neuve sans réutiliser ni modifier les supports sinistrés.
La traçabilité reste proportionnée mais continue. Pour chaque pièce, on conserve un identifiant, l'origine, les personnes qui l'ont manipulée et les actions réalisées. Cette chaîne protège la confidentialité, évite les échanges de cartes ou de disques et permet d'expliquer les limites du résultat aux responsables, assureurs ou experts.
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Adapter le diagnostic au support
Le diagnostic détermine d'abord si le support peut être manipulé et alimenté sans risque, puis quelle acquisition protège le mieux l'original. Il ne cherche pas immédiatement des fichiers. Stabiliser, acquérir et reconstruire sont trois décisions distinctes.
Disques durs mécaniques
La carte électronique, les connecteurs, le moteur ou les têtes peuvent avoir été touchés. Si une ouverture est nécessaire pour une intervention interne, elle relève d'un environnement contrôlé afin de limiter la contamination des plateaux. Cela ne signifie ni que tous les disques incendiés doivent être ouverts, ni qu'une salle blanche répare des surfaces déformées ou détruites.
SSD et mémoires flash
Un contrôleur brûlé ne signifie pas automatiquement que les puces sont intactes, et des puces intactes en apparence ne garantissent pas une reconstruction. Il faut tenir compte du chiffrement, de la correction d'erreurs, de l'entrelacement et des métadonnées propres au contrôleur. Toute alimentation directe ou transplantation improvisée peut fermer des options.
Supports amovibles et archives
Bandes, disquettes et supports optiques peuvent être sensibles aux dépôts, à la déformation et au lecteur utilisé. Ils ne doivent pas être insérés dans un équipement sain sans évaluation, au risque de contaminer le lecteur ou de détériorer le média. Les étiquettes, ordres de volumes et appareils d'origine font partie du dossier.
Quand une acquisition est obtenue, l'analyse se poursuit sur une copie. Les fichiers sont classés comme complets, partiels ou non exploitables. Une zone physiquement détruite, des blocs écrasés ou un chiffrement sans clé imposent des limites qui doivent être annoncées sans promesse.
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Préparer la restitution après sinistre
La restitution utile remet les données sur un support sain, distinct des sources sinistrées. Elle précise l'origine de chaque lot, la période couverte, les erreurs rencontrées et les éléments non récupérés. Une simple arborescence ne suffit pas : documents, photos, archives, bases ou vidéos prioritaires doivent être ouverts et contrôlés selon leur usage.
Valider avant de reprendre la production
Le responsable métier confirme les dossiers et périodes attendus. Les fichiers incomplets restent séparés des fichiers validés afin qu'une équipe ne reconstruise pas son activité sur une base incertaine. Si plusieurs sources ont été combinées, leur provenance et leur date sont conservées pour éviter de présenter un assemblage comme un état unique.
La confidentialité doit être rétablie dès la sortie du sinistre. Les supports passent parfois par de nombreux intervenants ; les accès, transferts et copies de restitution sont limités aux personnes autorisées. Les originaux restent conservés jusqu'à la validation et à la décision formelle de destruction ou de retour.
Le retour d'expérience vérifie ensuite :
- Qu'une copie se trouve hors du site touché ;
- Qu'elle est restaurable sur une infrastructure séparée ;
- Que les données critiques ont un propriétaire de validation ;
- Que l'inventaire des supports est à jour ;
- Que les prestataires de sinistre connaissent la procédure de préservation.
Un support exposé au feu n'est ni automatiquement récupérable ni automatiquement perdu. La méthode protège ce qui subsiste : pas de courant, pas de nettoyage improvisé, contexte documenté, diagnostic propre au support et restitution qualifiée. Les dommages réels fixent le résultat ; la prudence des premières heures évite d'y ajouter une perte secondaire.
Sources techniques primaires et limites
Le NIST SP 800-86 recommande une collecte traçable et un examen sur des copies. Ce cadre ne qualifie ni les têtes, les surfaces, les alimentations, le pont d’interface ou les zones non lues du disque reçu, et ne permet pas de confondre détection et récupération vérifiée.
Faire qualifier le dossier « Support touché par incendie : récupération de données »
Transmettez à Datastrophe le disque et son boîtier éventuel, les alimentations et câbles, la chronologie de l’incident et des essais, les journaux de copie et la liste des données prioritaires. Les codes, clés et éléments d’authentification autorisés sont communiqués par un canal distinct ; ils ne sont jamais inscrits sur le support ni dans le colis.
Datastrophe réalise directement le diagnostic, les contrôles d’intégrité et la récupération dans son laboratoire, avec sa propre équipe. Le diagnostic et le devis sont gratuits. Le transport privé aller et retour est systématiquement pris en charge ; le transporteur déplace uniquement le colis scellé, sans accéder aux données ni les traiter.
Avant tout paiement, le client reçoit le prix proposé et une liste contrôlée. Chaque élément y est classé, dans cet ordre, recoverable_verified, partial, detected_unverified ou unrecoverable. Seuls les éléments recoverable_verified, dont le contenu a été contrôlé et jugé exploitable, sont présentés comme récupérables. Le client paie seulement après avoir accepté la liste et le prix ; la préparation du résultat et la restitution interviennent ensuite.
Si aucune donnée exploitable n’est vérifiée, si la récupération échoue ou si le client refuse la liste ou le prix, aucun frais standard n’est dû. La seule exception concerne une pièce rare, coûteuse et non remboursable : elle ne peut être commandée qu’après une proposition séparée, explicite et chiffrée.